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Tiakola rend hommage au Coupé-Décalé… et en profite pour régler ses comptes avec YouTube

De la danse, de l’énergie, et un coup de gueule qui tombe au bon moment. On arrête pas de le répéter, mais l’art c’est politique.

On s’attendait à un clip. On a eu un manifeste.

Mélo Décalé débarque avec une énergie qui claque dès les premières secondes ! Et ce n’est pas uniquement grâce au son. C’est le collectif au complet qui embarque avec des danseurs, des artistes qui n’ont clairement pas décidé de faire de la figuration – et nous évidemment on valide !! 

Les danseurs prennent beaucoup de place, et c’est mérité

Ange, Patricia, Cédric, Kevin Bah, Kassim Mbae, Britany Mposa Nsoga, Djeneba Camara, Driss, Brian Thicot, Jefferson Sumo, Hamilton, Vipajiz, Freeman Nsimba, Anthony Igwe… Une vingtaine de danseurs qui habitent le clip de bout en bout, en pratiquant un style de danse bien connu : le Coupé Décalé.

Et le choix chorégraphique n’est pas anodin. Tiakola ne réclame pas juste la monétisation, il rend hommage au sol même depuis lequel cette culture pousse. Le titre Mélo Décalé n’est pas un hasard non plus. C’est une déclaration d’amour à une scène qui a tout donné sans jamais être payée en retour…

Derrière cette énergie collective ? Mundala Anaelle à la direction mouvement, avec Beny Diayazola et Jacques Aaron Citundu en support. Et on adore la liberté et le casting.

On n’est pas sur du placement de danseurs en mode décor. On est sur une vraie vision, où le mouvement porte autant que le texte, et où le mouvement qui est omniprésent en Afrique est vraiment mis à l’honneur.

Un hommage au Coupé Décalé dans les moindres détails

Et l’hommage ne s’arrête pas au clip. La cover de Mélo Décalé te rappelle rien ?

C’est une citation visuelle directe de Coupé-Décalé Explosion Vol. 4 – 2004, Molare, Fally Ipupa, Mokobe, DJ Arafat.

Tiakola n’a pas fait un clin d’œil, il a fait un hommage.

Une ambiance festive mais politique

Et au milieu de tout ça, Tiakola coupe le son pour parler

À mi-clip, l’artiste s’arrête : plus de musique et il balance son message directement à YouTube : commencez à monétiser les clips de nos artistes afro-francophones.

Sans métaphore, il ne peut pas être plus clair.

Et le fond du problème est là : YouTube, c’est 80% de la consommation de musique digitale en Afrique Francophone Subsaharienne. En Côte d’Ivoire, c’est pas Spotify qui tourne en boucle, c’est YouTube. Depuis des années, les artistes ivoiriens ont bâti une scène qui s’exporte partout. Le Coupé-Décalé a traversé les frontières, la nouvelle génération cartonne bien au-delà d’Abidjan. Leurs clips font des millions de vues. Les gens les regardent, les partagent, les remixent.

Sauf que derrière tout ça ? 0 monétisation ! YouTube encaisse, les artistes regardent les compteurs tourner sans voir la couleur d’un centime…

Le seul pays d’Afrique Francophone Subsaharienne éligible à la monétisation aujourd’hui, c’est le Sénégal. Seulement 1 ! Pendant que la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la RDC alimentent la plateforme sans contrepartie…

Tiakola utilise YouTube pour taper sur YouTube. Il prend la plateforme à son propre jeu. Et le clip est déjà #4 des Tendances YouTube pour la musique depuis le 12 juin. Le message est passé. Maintenant à YouTube de répondre.