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Harcèlement & violences : le boycott est-il l’unique solution ?

Récap’ de ce premier échange où nous avons pu aborder ensemble de réelles solutions pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles au sein de nos différentes communautés.

Le 21 novembre, avec la Maison de la Conversation, nous avons invité Queensy -danseuse et modératrice du talk, Marie Marcon -danseuse et activiste-, Mutekirena -danseuse et membre du collectif Trop c’est trop-, Saïdo Lehlouh -chorégraphe et co-directeur du CCNRB-, Yéléna -avocate et militante chez Nous Toutes Paris Nord– ainsi que toi, public, à vous poser cette question.

Le boycott n’est pas une solution, c’est une conséquence.

Mutekirena

Bien évidemment, la réponse à cette question est : non, il existe d’autres solutions. Mais il s’agissait pour nous d’ouvrir la discussion et se questionner sur le boycott puis d’élargir le questionnement aux autres solutions existantes.

Tu peux écouter la rediffusion :

Commençons par poser les bases

Yéléna nous explique que les 1ères victimes des violences sexistes et sexuelles (VSS) sont les femmes, les minorités de genre et les enfants. Chez Nous Toutes, on parle de « continuum des violences », à voir comme une pyramide avec, à la base, des violences qui permettent à celles de la catégorie d’au-dessus d’exister, et ainsi de suite.

source : www.vscyberh.org

Informons et Sensibilisons

C’est via les témoignages de victimes de VSS, lors du mouvement Mee Too, que Marie s’est rendue compte qu’elle même en avait subies 10 ans auparavant. Aujourd’hui, elle témoigne à son tour de son expérience pour sensibiliser un maximum de personnes.

Cependant, comme précisé par Mutekirena, certaines personnes ne veulent pas être éduquées, discuter ou changer les choses. Ce n’est pas notre responsabilité d’éduquer tout le monde. À chacun·e de voir s’iel se sent de le faire ou pas.

Questionnons-nous

Si l’affaire Pélicot montre bien une chose, c’est que les violeurs ne sont pas des monstres, mais bien des personnes « normales », comme l’explique Yéléna. Cela devrait nous inviter à nous questionner sur nos nos actes et nos réflexions. Suis-je sûr·e de n’avoir jamais porté atteinte à autrui ?

Mutekirena appelle toutefois à la vigilance : questionnons-nous en nous décentrant. Ne nous mettons pas au centre d’histoires qui ne nous concernent pas.

Ce n’est pas parce que plusieurs hommes sont accusés de violences, qu’on accuse tous les hommes.

Mutekirena

Sororité, la force du groupe

Marie, avec le soutien d’autres victimes du même agresseur, a trouvé la force d’aller porter plainte.

Petite parenthèse : Yéléna nous rappelle cependant que porter plainte n’est pas une obligation ; tu le fais si tu t’en sens capable. Par contre, refuser une plainte est illégal. Donc si tu te décides à franchir le cap, tout·e policier·ère est obligé·e d’accepter ta plainte.

Sur le thème de la sororité, on a entendu parler de The Sorority, application d’entraide entre femmes. On t’invite à checker, c’est une super initiative !

Créons des safe places!

S’il y a bien une chose que tous·tes les guests du talk nous ont invité à faire, c’est de créer nos propres safe places, pour échanger avec des personnes qui partagent nos valeurs et tenter de trouver des solutions ensemble.

Il est du devoir de chaque personne mais aussi chaque structure de poser un cadre permettant à tout individu de se sentir en sécurité.

Dans cette idée, Guillaume, membre du public du talk et prof de rock 4 temps, nous a partagé son expérience. Dans son école de danse, iels ont mis en place un règlement intérieur et ont surtout discuté et fait de la prévention auprès des professeurs et élèves.

Ce qui a beaucoup marché c’est l’éducation, principalement des filles. On leur a donné les moyens et on leur a dit qu’elles étaient légitimes à ne pas se laisser faire. On leur a aussi donné des outils dans la danse, puisque c’est une danse de couple. Donc on donne littéralement des cours d’autodéfense de danse.

a témoigné Guillaume

Structures et organisateurs , nous vous invitons à agir à votre échelle. Bien des outils sont à votre portée de main : événements paritaires, langage inclusif, choix d’artistes non accusés de VSS, référent·es VSS, stands de sensibilisation comme ceux proposés par Consentis et Nous Toutes

Afin de résoudre le problème à la source, l’éducation est clé ! Nous parlons de plus en plus de VSS, mettons en place des mesures mais il y a encore tant à faire.

Pour preuve, encore aujourd’hui, pour beaucoup de personnes, un viol c’est la nuit dans une allée sombre et commis par un inconnu atteint d’un souci mental. Mais dans les faits, dans 91% des cas de violences sexuelles, les victimes connaissent les agresseurs (source : noustoutes.org).

Il est donc important d’éduquer et ce, dès le plus jeune âge et dans tous les milieux (famille, école, travail, loisirs…).

Pour commencer à t’éduquer toi-même, des formations en ligne et gratuites sont disponibles sur noustoutes.org ainsi que sur https://www.standup-international.com/fr-fr .

Il existe une multitude de dispositifs pour conseiller, accompagner ou simplement être à l’écoute des victimes de VSS.

En voici une liste non exhaustive :

– Cellule d’écoute et d’orientation des femmes : 3919

– Cellule d’écoute de la FESAC (dans le domaine du spectacle) : par téléphone 01 87 20 30 90 ou par mail violences-sexuelles-culture@audiens.org

– Numéro d’urgence pour toute situation d’enfant en danger ou pour demander conseil : 119

– Le violentomètre : un outil simple pour savoir si une relation amoureuse est basée sur le consentement ou si on subit des violences

– Démarche en ligne pour dénoncer une VSS sans nécessairement se déplacer dans un commissariat : service-public.fr/particuliers/vosdroits/R50509

– Le Bureau d’aide aux victimes propose, lors d’une procédure pénale, un accompagnement gratuit et personnalisé mis en œuvre par l’une des associations agréées par le ministère de la Justice

– Structures d’accompagnement comme le Planning Familial et associations à retrouver sur arretonslesviolences.gouv.fr

– On t’invite à te renseigner sur la justice restaurative (dispositifs de l’Etat) et la justice transformatrice (collectifs, comme FRACAS). Sur ce sujet, Saïdo nous recommande le livre Faire justice d’Elsa Deck Marsault.

Le boycott alors ? Solution ou conséquence ?

Mutekirena a profité de ce talk pour clarifier la chose. Selon elle, c’est parce que le travail en amont n’a pas été fait qu’on utilise le boycott comme dernier recours. Aujourd’hui encore, beaucoup ont tendance à remettre en question la victime plutôt que l’agresseur. La réponse face à ça ? Le boycott.