A l’issue des élections européennes, l’extrême droite (RN) est arrivée en tête. Emmanuel Macron a dissous l’Assemblée Nationale. Ce qui donnera lieu alors à de nouvelles élections pour reconstruire l’Assemblée Nationale : 30 juin et 7 juillet 2024.
Artistes, danseurs.ses, l’extrême droite au pouvoir n’est pas une bonne idée du tout et on va t’expliquer pourquoi si tu en doutes encore.
Déjà, c’est quoi le rapport avec la danse ?
Et bien, comme dans tous les secteurs, la politique influence les lois et les subventions accordées, dont celles pour la culture, pour la danse.
Ok, et là tu te dis, mais ça change quoi si l’extrême droite est au pouvoir ?
Même si beaucoup de médias tendent à lisser et donner une image neutre, il n’en est pas moins que l’extrême droite est un parti fasciste. Et ça, ça va à l’opposé même de la liberté d’expression, de l’ouverture d’esprit et finalement de ce qui résonne avec le monde artistique du spectacle vivant.
Car l’extrême droite cherche à nous imposer une vision unique de la culture, basée sur ce qu’ils appellent l’identité nationale et les valeurs traditionnelles. Autrement dit, en mettant en valeur une identité française qu’elle perçoit comme étant « blanche », hétéro-normée et chrétienne. Leur politique vise à maintenir cette idéologie en écartant les expressions culturelles des minorités ethniques, religieuses et LGBTQIA+.
Des amalgames qui servent le discours ouvertement raciste de ce parti.
On se souvient, suite à l’annonce de la participation d’Aya Nakamura au show d’ouverture des JO, de la banderole affichée en mars dernier du groupuscule ultra-droite “Les Natifs” où il était écrit : “Y’a pas moyen Aya ici c’est Paris pas le marché de Bamako” … ou encore d’Eric Zemmour s’en prenant ouvertement au collectif spécialisé dans les cultures nord-africaines “Kif Kif Bledi” sur le plateau de la chaîne BFM TV.
Mais de manière plus concrète, l’extrême droite au pouvoir influence le paysage culturel et pas dans le sens de notre culture
- Orange : Jacques Bombard (membre fondateur du Front national en 1972) s’en était pris au festival des Chorégies
- Toulon : Jean-Marie Le Chevallier (Front national) avait fait déprogrammer le groupe NTM.
- Hayange : Fabien Engelmann (Membre du Rassemblement National) colore en bleu la sculpture en forme d’œuf de l’artiste Alain Mila, afin de mettre plus de couleurs. Il se défendra même en disant : “on peine à appeler ça de l’art”
- Région PACA : en 2015, quand Marion-Maréchal Le Pen (Reconquête, parti d’extrême droite) était en lice pour la direction de la région, elle annonçait, en cas de victoire, “la fin des subventions dédiées à l’art contemporain”
A l’échelle européenne, en Italie, en Norvège ou encore en Autriche, les budgets publics ont été réduits pour “libérer l’art et la culture dépendante de l’État”. Le leader du parti nationaliste norvégien avait même mentionné
Un artiste qui ne peut pas vivre de son art doit se trouver un autre métier.
En Hongrie aussi, le Premier ministre Viktor Orbán utilise la culture pour faire passer son message nationaliste. Il a changé les priorités budgétaires et imposé des contraintes aux institutions culturelles. Finalement, les projets artistiques qui parlent de sujets considérés comme sensibles, tels que la migration, la démocratie ou les droits LGBTQIA+, sont souvent mis de côté voire carrément censurés.
En résumé, ok pour la culture nationale et traditionnelle, mais ce qui ne rentre pas dans ces prismes est plus difficile à accepter.
Maintenant, essayons de mieux comprendre, jusqu’où l’extrême droite n’est pas “street dance culture friendly”.
Quand on observe davantage les discours de ce parti, on s’aperçoit que le mot culture est associé au patrimoine (musées, monuments) et qu’il veut absolument défendre ce patrimoine, et ainsi augmenter les budgets alloués.
Ok, mais du coup, les budgets viennent d’où ? Parce que, comme n’importe où, si tu augmentes à un endroit, tu baisses de l’autre côté. Et l’autre côté, c’est potentiellement, nous.
Plusieurs interviews mentionnent que l’intermittence “c’est primordial dans ce pays même si ça coûte cher”, en mars, suite à son passage dans Sud Radio, Marion-Maréchal Le Pen a publié sur X : « je suis pour la suppression des régimes spéciaux notamment l’intermittence du spectacle (…) ruineux et n’existe nulle part ailleurs en Europe ».
Je suis pour la suppression des régimes spéciaux notamment celui des intermittents du spectacle qui coûte un milliard d’euros par an. Il est ruineux et n’existe nulle part ailleurs en Europe.#VotezMarion #ParlonsVrai pic.twitter.com/UK7R83XPfH
— Marion Maréchal (@MarionMarechal) March 27, 2024
Rien de clairement notifié sur un programme, mais cela nous permet de décrypter une pensée et vision future de l’art pour ce parti.
De plus, il est primordial de savoir lire entre les lignes, car ces arguments ont été largement utilisés dans des pays européens comme l’Italie, où l’art contemporain, populaire, est difficilement subventionné.
